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Antichrist Superstar - Marilyn Manson - 1996
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Manson est un fou malin et manipulateur. Pour ce troisième album, il fit appel au recordman du malaise et de la mégalomanie, Trent Reznor. Ce duo si prometteur accoucha d’un monstre au doux nom d’"Antichrist Superstar". Cet opéra trash met en scène vampires et squelettes dans le seul but d’étaler au grand jour nos conneries respectives, les mensonges dont nous adorons être les victimes. Le message, pourtant évident, propulsa notre ami le diable au rang tant convoité d’ennemi public numéro deux (juste derrière Saddam) et déclencha une guerre sans nom : des sites web, dotés de titres comme "est ce que tous les fans de Manson iront pourrir en enfer ?" (authentique), poussèrent comme des champignons ; certaines villes interdirent tout concert ; des manifestations chrétiennes eurent lieu dans les principales villes américaines... Parlons enfin de cet album qui mis toute une population face à ses démons. Il faut tout d’abord reconnaître que la pochette est magnifique. Manson est équipé d’une paire d’ailes et d’un calbut à tentacules. Il adopte une face d’ange dans un décor de fin des temps...sublime. La grande messe commence par un terrible "Irresponsible Hate Anthem". Par des effets sonores pervers et lancinants, une voix étouffée et souffreteuse, un rythme oppressant, la machine diabolique s’accapare nos sens, nos esprits. "Dried up..." et "Tourniquet" nous invitent à pénétrer les danses macabres qui animent les hémisphères d’un cerveau maltraité, une seconde avant la décrépitude finale. On s’y complait peu à peu, jusqu’à ressentir un certain confort (c’est marqué dans le livret). La bête agit de façon réfléchie ; "Mister superstar" contient bien plus qu’une simple critique du star système. Elle rentre en possession des âmes fraîches et non préparées pour ensuite leur cracher à la face un "vous êtes cons, certains vous manipulent, … j’en fait partie". N’oublions pas le thème principal, la religion. Ces chaînes ne semblent que trop faciles à briser pour le maître et ses nouveaux élèves. "Angel with the scabbed wings" et "The Reflecting god" dressent un procès sans précédent du phénomène catholique. Toute résistance est inutile face à ces deux monuments de Trash aux textes impeccablement construits, une antithèse redoutable. Manson savoure alors sa victoire avec un "Antichrist Superstar" fédérateur, théâtral. L’album s’est vendu à des millions d’exemplaires. Beaucoup ont reconnu qu’il constitue un des plus grands disques de rock de cette fin de siècle : Manson VS puritanisme > 1-0 Pierre 4/4
Un album qui avait
fait du bruit à son époque, et même maintenant. Tout d'abord, la
pochette, originale par sa tendance gore. Les paroles sont de même
facture, ça crache à toute vitesse. Ici, il n'aurait pas eu le même succès
qu'aux USA car il leur correspond mieux. Manson voulait "Set the
[US] on fire" et non pas le monde entier. Car outre-atlantique, les
réactionnaires sont roi. Baptiste 2.5 /4 |